
|
Bien Naître en Normandie |
|
Des chiffres ! |
|
En 2006, le nombre de naissances en Haute-Normandie s’élève à 23 400, en hausse de 1,4 % en un an. La reprise observée en 2005 se confirme donc. Cependant et contrairement à l'année passée, la hausse provient essentiellement, à 95 %, des naissances enregistrées en Seine-Maritime, contre 20 % seulement en 2005. L’indicateur conjoncturel de fécondité atteint 1,91 enfant par femme en 2004 en Haute-Normandie contre 1,88 en France. (source CRAM)
Données Françaises Données européennes |
|
II y a trente ans, l'accouchement à domicile était encore pratiqué couramment en France. Les statistiques d'état civil fournissent quelques renseignements sur ce type d'intervention devenu rarissime. Il y a trente ans, près d'une naissance sur deux avait lieu à domicile. Aujourd'hui, sur mille accouchements donnant lieu à une naissance vivante, quatre seulement s'effectuent dans un logement particulier (tableau 1). Bien que l'on n'ait pas pour les « mor- tinaissances » (les morts-nés) de résultats tout à fait comparables, on peut estimer que la proportion de celles se produisant à domicile est passée de 37 % en 1952 à environ 2 % en 1974. En 1970, sur 1 000 accouchements à domicile, 20 donnaient naissance à un enfant mort-né, 980 à un enfant né vivant 1 ; pour les accouchements à l'hôpital (ou à la clinique), ces proportions étaient respectivement de 13 et 987. La plus grande fréquence de la mortinatalité à domicile, qui s'est maintenue après 1970, n'était pas constatée avant. En 1952, sur 1 000 accouchements à domicile, 18 donnaient naissance à un mort-né; à l'hôpital : 25. En 1974, on constate, par contre, 26 morts-nés pour mille à domicile, et seulement 11 pour mille à l'hôpital. On peut donner de cette évolution l'explication suivante : dans la phase d'accroissement du recours à l'hôpital, il est probable que le médecin orientait le choix du lieu de l'accouchement en encourageant d'autant plus la mère à aller à l'hôpital que le risque de mettre au monde un enfant mort était grand; par la suite, le recours à l'hôpital étant devenu quasi systématique, les mort-nés issus d'un accouchement sont davantage dûs à des circonstances accidentelles, à l'hôpital comme à la maison. Le lieu d'accouchement se différencie selon l'appartenance sociale : les épouses de salariés agricoles, d'agriculteurs, d'artisans ou petits commerçants accouchent à domicile plus souvent que la moyenne; celles de cadres supérieurs, cadres moyens et employés un peu moins. En 1968, les femmes de salariés agricoles accouchaient à domicile deux fois plus souvent que la moyenne, douze fois plus souvent que celles des cadres supérieurs; en 1980, l'écart maximal entre catégories sociales n'est plus que de un à quatre (tableau 2). Une autre dimension de l'accouchement à domicile apparaît dans le fait que, même en 1980 où l'environnement de l'enfant naturel a beaucoup changé 2, les mères d'enfants naturels accouchent à domicile environ deux fois plus fréquemment que les autres: pour elles aussi le recours à l'hôpital a augmenté, mais, semble-t-il, dans une moindre mesure que pour les mères mariées. L'assistance dont bénéficie la mère pendant l'accouchement distingue nettement accouchement à domicile et accouchement à l'hôpital. En 1980, dans " l'ensemble des accouchements donnant naissance à un enfant vivant, le médecin est seul dans environ 22 % des cas, la sage-femme dans 41 %, et dans 34 % des cas il y a à la fois un médecin et une sage- femme ; les accouchements sans aucune * Edmonde Naulleau, au moment de la rédaction de cet article, faisait partie de la division « Mouvement de la population et études démographiques » du département « Population et ménages » de VINSEE. . 1. Y compris les enfants nés vivants mais décédés avant leur déclaration à l'état civil. 2. Voir J.-C. Deville et E. Naulleau : « Les nouveaux enfants naturels et leurs parents », Économie et statistique, n° 145, juin 1982. |